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Les thérapies comportementales et cognitives
Les thérapies comportementales et cognitives ( TCC) :
Fer de lance des thérapies de courtes durées, les thérapies comportementales et cognitives, en abrégé TCC, ont atteint, ces dernières décennies, une position de grande dominance, parfois justifiée, parfois inquiétante, dans le monde des psychothérapies.
La thérapie dite comportementale et cognitive est, comme son nom l’indique, l’association de la thérapie comportementale, issue du béhaviorisme de Watson, et de la thérapie cognitive dont les acteurs principaux sont Beck et Ellis. Elles se sont développées au cours des années 50 et 60 surtout dans les pays anglo-saxons pour s’étendre ensuite au niveau international.
La théorie comportementale considère que les comportements pathologiques (ici entendus comme synonymes de troubles) sont acquis et maintenus par la répétition de certains mécanismes ou réactions apprises.
L’approche cognitiviste se préoccupe des processus de la pensée et du traitement de l’information relatifs à une situation particulière. Il s’agit donc d’éclairer et de modifier les pensées automatiques et les monologues intérieurs qui peuvent se déclencher lors de circonstances ambiguës. Ces pensées constituent un système de croyances susceptible d’enclencher des comportements pathologiques et des troubles symptomatiques.
Le terrain d’action de ces thérapies est donc plus spécifiquement la disparition du ou des symptômes. Aussi, contrairement à la psychanalyse, il ne sera pas recherché une cause profonde et initiatrice des troubles mais plutôt une reconnaissance et une modification des facteurs de déclenchement et de maintien des troubles anxieux.
La technique TCC s’emploie, dès lors, à faire « désapprendre » un comportement ou des pensées pathologiques pour inculquer au sujet d’autres schémas, cette fois non problématiques. Elles font ainsi référence aux modèles de l’apprentissage et du conditionnement dont le précurseur est le russe Ivan Pavlov qui au début du XXème siècle faisait saliver ses chiens au son d’une cloche.
D’aucuns voient d’un œil circonspect, méfiant ou révulsé cette idée de conditionnement. Certains psychanalystes d’obédience Lacanienne n’hésitent pas à parler de « dressage vétérinaire » pour caricaturer les TCC.
C’est oublier un peu vite que nous sommes des êtres entièrement éduqués, donc conditionnés, depuis la naissance, jour après jour, par notre environnement et que sans cela nous ne pourrions pas nous y adapter.
S’il est vrai qu’éliminer les symptômes ne guérit pas nécessairement la cause et que des symptômes peuvent revenir ou « tourner », il est également admis que les TCC sont très efficaces en ce qui concerne l’apaisement des troubles anxieux.
Le noyau dur du traitement par ce type de thérapie est l’exposition progressive aux pensées, images puis situations anxiogènes. Le tout se réalise en 10 à 40 séances. Rarement plus et ce selon les cas.
La théorie considère, en effet, que n’importe stimulus, objet ou évènement, qu’il soit minime ou complexe, associé à une situation entraînant une peur profonde et des manifestations physiologiques (du genre attaque de panique) peut par la suite, à lui seul, et en dehors de la situation complète initiale, provoquer des réactions d’alerte anxieuse entraînant des comportements d’évitement et ces mêmes réponses physiologiques inappropriées.
C’est pourquoi, en abordant et en décortiquant les uns après les autres les éléments déclencheurs, qu’ils soient images, pensées, sensations, lieux, avec une méthode scientifique et rigoureuse, il est possible de procéder à l’extinction des troubles liés à l’anxiété. Notamment par phénomène d’habituation progressive.
La thérapie comportementale et cognitive est donc spécialement indiquée dans les cas de phobies, d’agoraphobies, d’attaques de panique et de troubles obsessionnels compulsifs.
Freud reconnaissait lui-même dans un article de 1919 intitulé : « Progrès en psychothérapies psychanalytiques » ; « Qu’il est impossible de guérir d’une agoraphobie si en fin d’analyse on incite pas le patient à aller dans les rues pour affronter l’angoisse jusqu’à ce que celle-ci disparaisse. »
Reste qu’attendre la fin de l’analyse risque de cloîtrer pour des années les patients fortement atteints dans un espace exigu (leur appartement) et de réduire leurs contacts sociaux et professionnels à leurs plus simples expressions.
La TCC est sûrement un outil très précieux pour soulager les dysfonctionnements liés à l’anxiété et doit être utilisée en tant que tel.
Il faudra, cependant, ne pas oublier que l’être humain n’est pas simplement assimilable à une machine passive, jouet de son environnement mais que sa perception d’une situation dépend également de ses expériences antérieures, de ses émotions, de son entourage et de l’interprétation qu’il fait de cet ensemble. Or cette interprétation toujours unique ne peut-être comprise qu’au regard de l’histoire de l’individu.
En d’autres termes, une thérapie comportementale et cognitive associée à une thérapie plus analytique ou systémique est une alliance fortement recommandée dans le cadre des troubles anxieux.
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