par cbo » Lun Mai 26, 2008 9:22
Salut Phildefer,
Merci pour ton post, je comprends à présent mieux ton histoire. Ton parcours fut en effet plutôt chaotique, le plus dur semble maintenant derrière toi. Je suis toujours impressionné par le décalage entre les bouquins publiés par de nombreux psy et la réalité de vie de beaucoup de malades qui semblent surtout errer à la recherche d'une solution enfin efficace à leurs problèmes. Le sentiment aussi que la compétence du thérapeute est finalement la clé de cette réussite, bien plus que la méthode adoptée. Comme si certains présentaient cette faculté d'entrer en contact.
La PIP m'a séduite dès le début pour l'aspect face à face entre le thérapeute et son patient. Je ne connaissais rien aux méthodes de thérapies à l'exception des grandes lignes, une vague idée liée à certaines de mes lectures, rien de plus. Le face à face m'a d'emblée paru pouvoir être plus efficace, plus combatif, plus participatif, comme si je ne pouvais alors pas faire autrement que d'entrer dans l'arène pour y combattre mes démons. J'en avais le désir, tout faire voler en éclat quelques puissent être les conséquences qui ne pouvaient de toutes façons pas être pires que ces attaques de paniques à répétition toujours plus fortes, plus déstabilisantes. D'autant plus qu'en parallèle, je refusais toute prise de médicaments (et je refuse encore).
Cette PIP fut mon salut. Comme tu l'indiquais, je me suis retrouvé à maintes reprises dans une impasse, comme un ultime retranchement mais à chaque fois, le déblocage s'est produit, plus ou moins intense, parfois inattendu. Je savais au fond de moi que j'avais besoin de cette lutte pour aller mieux du fait de ces résistances mises en place depuis trop longtemps. En parallèle, je faisais de la course à pied, comme un exutoire, une manière d'aider mon corps à expulser ces sentiments qui remontaient enfin autrement que sous forme d'angoisse faute de ne plus pouvoir enterrer mon ressenti.
L'autre point qui m'avait intéressé au début dans la PIP était son aspect de thérapie brève, je me disais qu'au bout de 6 mois je n'aurais plus rien, tu parles... Je garde maintenant le sentiment d'un avant et d'un après, avant l'attaque de panique, la 1ère, et l'après. On n'est plus jamais comme avant, on ne revient plus, on change, ce processus dont tu parlais dans un précédent post.
La psychanalyse me donne le sentiment d'une méthode plus douce car le thérapeute reste en retrait. Le sentiment qu'une telle thérapie ne m'aurait pas convenu et n'aurait fait contraire qu'entretenir mes résistances. Mais je t'avoue que ne connaissant rien aux profonds processus pouvant se jouer dans cette méthode, je me garderai bien de la juger.
Un reproche que je ferais aux PIP est leur absence de considération du corps, comme si le corps n'était pas à prendre en compte. J'ai vécu bon nombre de douleurs, des diarrhées, de constipations difficiles, tout un tas de douleurs dont le psy ne faisait que prendre acte mais qui me dérangeaient considérablement au quotidien. Pourtant, je reste convaincu qu'un accompagnement sur le plan corporel faciliterait nombre de déblocages. Comme si la psychiatrie conservait malgré tout cette séparation du corps et de l'esprit chère à la médecine traditionnelle.
Je pesais environ 85kgs au début de ma thérapie, démarrée voilà maintenant 1 an et demi. J'en pèse maintenant 72kgs. Tout est parti très rapidement, en quelques semaines dès le début de la thérapie, comme si un poids s'enlevait, je n'avais plus à me remplir pour combler ce vide...
Christophe