Bonjour à tous
Si je reviens aujourd'hui vers le forum c'est parce que ça ne va plus

Je travaille à temps plein depuis le 1er septembre. Ça fait donc presque 5 mois. Et c'est trop difficile pour moi.
J'essaie d'expliquer ce qui me gène.
Il s'agit d'un travail qui fait suite à un stage d'un mois effectué l'été passé. Ce stage s'est merveilleusement bien passé. J'avais une responsable parfaite (intelligente, compréhensive, humaine, bref rien à dire). J'étais dans un bureau lumineux avec une belle vue, de l'espace, des horaires peu contraignants et le travail était intéressant.
Depuis que je suis engagée, tout a changé. Sans me le dire, la responsable avait prévu de me faire travailler dans un autre service. Le travail m'intéresse peu. Je suis confinée dans un bureau en sous-sol sans lumière naturelle et sans aération. Et je partage ce bureau et mes journées avec un chef caractériel et parano, sans parler de la vulgarité des équipes d'hommes (milieu ouvrier). Et aussi je vois peu le résultat de mon travail. En fait je dois gérer une équipe technique mais le résultat de leur travail, je ne le vois que peu. Par contre, ensuite, les scientifiques font une fête et invitent des personnalités etc pour montrer leur travail, le nôtre est passé sous silence, comme s'il ne comptait pas.
Au début, j'ai eu du mal à accepter mon changement d'affectation surprise. J'ai essayé de m'adapter. Mon chef, en bon parano, essaie de me couper des autres. C'est à dire que dès que je me lie un peu avec un collègue, il m'en dit du mal, me dit de m'en méfier et me raconte les sales coups que la personne lui aurait fait. Au départ, étant mon responsable, j'en arrivais à me méfier des autres.
Je ne supporte pas d'être toute la journée avec cette personne. Certes, il se soucie de moi, est sympa du mieux qu'il peut, mais c'est physique ! Sa parano, sa grossièreté, son manque d'attention et d'égards pour les autres dans l'équipe, son côté caractériel..
Autre chose qui me gène, c'est le bureau. Je suis bien installée matériellement, mais sans lumière et sans air, j'ai développé une dépression saisonnière. Imaginez que je ne vois la lumière du jour que le samedi et et le dimanche pour le moment. C'est TRÈS dur. Je rêve de soleil, de lumière, et le week end s'il fait gris, je pleure. Quand je sors du métro le matin ça commence à s'éclaircir, et il me faut m'enfermer, et lorsque je pars le soir, le soleil se couh-che et lorsque je sors du métro il fait sombre. Je savais bien que je souffrirais de ça, étant ne plus hypersensible. J'ai voulu essayer, m'accrocher.
Ce qui me gène aussi, c'est le manque d'air dans le bureau. Il existe une fenêtre donnant sur une cours fermée. Si j'ouvre cette fenêtre je n'ai pas de l'air mais de la sciure de bois et du froid qui entrent. Si je ne l'ouvre pas: j'étouffe. J'ai dit autour de moi que ce manque d'air me gênait mais on me dit que ça gène tout le monde. Sauf que les autres ça ne les rend pas malades, mais moi oui. La semaine passée j'ai passé mon temps de midi en rue pour pouvoir respirer un peu tant je me sentais mal. Une personne m'a dit alors "c'est ton chef, il te pompe l'air", et peut-être que ça joue ..
En bonne anxieuse, bien entendu je focalise à présent sur ces trois choses: la lumière, l'air et mon responsable.
Et du fait que je focalise, j'ai retrouvé mes bonnes vieilles angoisses et phobies. Samedi, impossible d'être portée par mes jambes. Impression constante d'être prête à m'effondrer. Impossible d'enter dans un magasin ou une boutique sans trembler, suer, me sentir au bord de la mort et bref j'ai dû m'enfuir. Cela me crée d'autres angoisses: celles de ne plus parvenir à m'assumer, faire les courses, aller travailler etc.
Ce que je supporte mal aussi c'est la routine liée au travail. J'ai beaucoup de mal à me lever tôt, à prendre le tram et ensuite le métro. Je vois tous ces gens, les mêmes chaque jour, résignés, trainant les pieds pour aller travailler. Entre le tram et le métro, il y a un couloir assez long à parcourir. Ce couloir est moche, orangé, avec des néons et un tapis roulant. Bon depuis des mois je ne peux pas prendre ce tapis roulant car il m'angoisse. Je prends donc l'allée piétonnière. Et là j'ai l'impression de faire du surplace, cette allée je n'en vois pas le bout. Mes jambes tremblent, je me sens mal, mais je continue à marcher pour arriver au bout. Une fois à l'escalier ça va un peu mieux. Mais ce passage est vraiment horrible. Il m'arrive aussi d'avoir des bouffées de panique ou d'angoisse dans la rame lorsqu'il y a du monde.
Je sens que je suis dans un cercle vicieux à nouveau

. Car bien sur je force, car je dois aller travailler. C'est un soulagement pour moi de gagner ma vie, c'est important socialement aussi. Mais je pense aussi que forcer est une erreur. Et je ne sais pas quoi faire. Idéalement je voudrais ne plus devoir travailler chaque matin, me forcer à ça, les transports, les gens.
Ce matin, arrivée à la dernière station de métro, j'ai fait demi tour. J'ai cru que je n'arriverais jamais à retourner chez moi où je me suis effondrée. J'en ai tellement assez de ces angoisses qui durent depuis si longtemps ! Avec ça je vis un chagrin d'amour, bref je ne vois plus la fin. Je suis jeune encore, je souhaite juste une vie normale. Mon médecin est impuissant (j'en cherche un autre plus orienté "angoisse et phobies"). J'ai arrêté lma psy il y a un mois et j'ai repris rendez-vous, plus pour ne parler que pour espérer de vraies solutions. J'imagine qu'en deux ans j'aurais du les trouver déjà.
En résumé, je culpabilise énormément vis à vis de la société, du travail, de tout le monde en fait. De plus, on me propose un CDI fin février que bien sur tout le mon,de me dit d'accepter et qui me fait très peur. Bien sur, c'est du travail, bien payé, etc mais ça me fait horreur. ET si je n'accepte pas j'aurai des sanctions au chômage

Désolée d'avoir vidé mon sac ici. J'ai besoin de vos oreilles attentives, de vos conseils et d'un peu de réconforts de personnes qui comprennent ce que c'est. Ça parait si peu de choses aux yeux des personnes en bonne santé.
Merci d'avance